Various Artists - Leonardo - The Absolute Man

Un article de Dreamologie.

Jump to: navigation, search

Leonardo - The Absolute Man

Various



Type : Side-project / Concept-Album

Support : CD

Nombre : 1

Année de Parution : 2001

Provenance : USA

Référence : Magna Carta MA-9029-2

Membre(s) du Groupe :

James LaBrie

Producteur : Trent Gardner / Mixé par Terry Brown

Léonard De Vinci, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne peut pas vous être étranger. Pur génie, dominant les Arts et les Sciences, le transalpin illumina de sa polyvalence la fin du XVème et le début du XVIème siècle. A tel point que François Ier, monarque de l’époque, fit tout ce qu’il fallut pour que le Maître vienne se mettre à sa disposition de ce côté-ci des Alpes. La vie du Grand Homme, ou plus précisément quelques évènements choisis de son existence, sont mis en musique et en paroles à la manière d’une biographie fidèle. Cette œuvre n’est ni plus ni moins que le premier véritable prog-metal-opéra de l’Histoire. Né du cerveau bouillonnant du patron du label américain Magna Carta, Pete Morticelli, ce projet est également le plus complexe jamais mis en place par le label. Imaginez l’échange de fichiers son, par CD, CD-R, Mini-Disc ou mp3, par Internet, entre une bonne douzaine d’intervenants. La mission consistant à réaliser l’assemblage final, ne pouvant être qu’un boulot titanesque, ne pouvait qu’être confiée qu’à un autre génie : Trent Gardner, qui œuvre, quand son emploi du temps le permet, dans Magellan. Ce dernier a composé cet album dans sa totalité…

Cet opéra prog-metal a requis la participation d’une dizaine de chanteurs et chanteuses aux pedigrees impressionnants : James Labrie (Dream Theater), Davey Pattison (Gamma, Robon Trower), Michelle Young (qui a, en plus de sa carrière solo, participé à deux titres de l’album Jabberwocky en compagnie de Clive Nolan et Oliver Wakeman), Josh Pincus (Ice Age), Lisa Bouchelle (Mastermind), Mike Baker (Shadow Gallery), Robert Berry (le touche-à-tout du label), Steve Walsh (Kansas, Streets), Chris Shryack (Under The Sun) et Bret Douglas (Cairo). Les musiciens qui accompagnent tout ce beau monde sont tous, exceptés les sorciers Gardner, issus de Dali's Dilemma (sauf Matt Guillory et Matt Bradley), groupe appartenant bien sûr au clan Magna Carta.

L’ouverture, aux forts accents classiques, annonce la couleur (c’est fait pour ça, une ouverture). Cet album ambitieux se devait d’être magnifique, ou ne devait pas être du tout. Ca fleure bon le Magellan en permanence, la marque de fabrique Gardner étale sa splendeur ; Trent sort même son instrument fétiche, le trombone à coulisse ! L’atmosphère classieuse, rehaussée par la présence vocale phénoménale de James Labrie, qui signe ici l’une des plus remarquables prestations ‘studio’ de sa carrière, est décelable dès les premières paroles chantées, et perdure tout au long des 65 minutes que dure l’Oeuvre. Ce terme n’est pas déplacé, la cohésion aussi bien que la construction étant remarquables. La cohésion est d’ailleurs l’un des maîtres-mots permettant de qualifier l’ensemble ; le soin tout particulier manifesté par autant de personnalités à mener la barque à bon port transparaît à chaque seconde. Personne n’a traité sa collaboration par-dessus l’épaule. Et croyez-moi sur parole, chanter ‘proprement’ les partitions issues d’un esprit aussi déroutant que celui de Trent Gardner sans s’y impliquer à fond, ça n’est pas donné à n’importe qui. Parfois, l’enchevêtrement de toutes ces voix rappelle Queen, qui avait dompté cet art comme personne.

Le plus, ce sont les mélodies et les somptueuses harmonies typiquement prog-metal, inimitables et torturées, à la limite de l’écœurement tant elles sont complexes. Loin des sentiers battus du rock (et du cortège de critiques qui s’y rattachent encore de nos jours), Leonardo, l’opéra, est une oeuvre qui se situe intrinsèquement hors du temps, qu’il faut écouter fort, sans avoir rien d’autre à faire que de s‘y immerger, en s’arrangeant pour éviter la moindre perturbation, sous peine de rompre le charme et l’Unité. Ne soyez pas surpris si certains airs vous trottent dans la tête bien après la fin de l’écoute ; leur pouvoir de ‘perforation mentale’ est immense (qui n’a jamais chantonné un air de Carmen, le Boléro ou Carmina Burana sans pouvoir ensuite s’en débarrasser ?) La technicité de Inventions vous en dira long sur les compétences instrumentales nécessaires à une interprétation plus qu’exigeante. Encore une fois, les compositions biscornues collent au plus près du livret, qui exige cet alliage parfait. Le contraste entre l’Art pour l’Art prôné par Léonard et l’utilisation mal-intentionnée que les ‘grands’ de l’époque veulent avoir de son pouvoir créatif est retranscrit à merveille. Quelle merveille également que Shaping Invisible, que James Labrie écrase implacablement de sa classe. Sans avoir été formé pour l’opéra, James, qui prend toujours des cours auprès d’une prof de chant lyrique, en a donc quand même de sérieuses notions ; de plus, son père lui a fait fréquenter les milieux ‘où l'on chante bien’. Le coup final, celui qui asseoit définitivement une opinion, c’est Heart Of France qui l’assène : tout y est en rémanences, leitmotiv et développements labyrinthiques (à la Magellan, quoi) pour se terminer par le dernier souffle du Génie. En hommage à ce personnage aussi singulier, aussi essentiel, et aussi admiré, l’apothéose est un bouquet final en forme d’hymne (vous savez, cet agencement de notes que vous fredonnez du matin jusqu’au soir sans vous en rendre compte).

N’hésitez pas à vous pencher sur les paroles (on dit un livret, je le re-précise, quand on parle d’opéra) en écoutant la musique ; vous y découvrirez qu’il est possible d’associer, avec du travail, de la sensibilité et surtout du talent, ces deux éléments pour obtenir une osmose parfaite, que seuls les plus doués réussissent. Leonardo Da Vinci était un Grand ; Trent Gardner en est un autre… Il ne sera pas trop difficile de me convaincre que Leonardo – The Absolute Man est, et restera longtemps, une référence dans ce genre musical nouveau qu’est l’opéra prog-metal, et qu’elle risque de décourager bien des compositeurs, sauf les Génies à venir.

Franz, in Your Majesty n°31


Musiciens

  • Steve Walsh - Chant
  • Robert Berry - Chant
  • Brett Douglas - Chant
  • Joe Franco - Batterie
  • James LaBrie - Chant
  • Davey Pattison - Chant
  • Trent Gardner - Trombone, claviers
  • Wayne Gardner - Guitare
  • Luis Maldonado - Basse, guitare
  • Patrick Reyes - Guitare
  • Lisa Bouchelle - Chant


Tracklisting

  1. Apparition [Instrumental]
  2. Aria for Italy [Instrumental]
  3. With Father - James LaBrie
  4. Reins of Tuscan - James LaBrie
  5. Reproach [Instrumental]
  6. Mona Lisa - Trent Gardner
  7. Il Divino [Instrumental]
  8. Inundation [Instrumental]
  9. Apprentice - Robert Berry
  10. First Commission - Steve Walsh
  11. Mother of God [Instrumental]
  12. This Time, This Way - Lisa Bouchelle
  13. Inventions - Trent Gardner
  14. Shaping the Invisible - James LaBrie
  15. Introduction to François I [Instrumental]
  16. Heart of France - Robert Berry
  17. Sacrament [Instrumental]
  18. End of a World