Souvenirs du Japon - Janvier 98

Un article de Dreamologie.

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Stéphane me passe le micro (ordinateur) pour vous parler de notre escapade japonaise où nous avons suivi notre (votre) groupe préféré pendant 8 jours. Mais auparavant il faut que je vous narre mon histoire depuis le début.

Avant de connaître Stéphane, j'avais fait le voyage Lyon-Paris-Lyon une nuit de Mars 1994, juste pour voir D.T. pour leur concert à l'Elysée- Montmartre. Je sais, ce n'est pas grand chose (par rapport au Japon), mais quand on bosse, se payer l'aller-retour juste pour voir un groupe, il y avait déjà à l'époque des gens pour me dire que j'étais un peu fou. Ce n'est donc pas tout à fait par hasard que j'ai rencontré Stéphane un an après ce concert. Habitant tous deux Lyon, notre passion musicale nous rapprocha vite. Et ce fut comme un pari de se dire que si un jour D.T. allait au Japon, on irait suivre leur tournée. C'est pourquoi, quand, fin Novembre, Steph m'annonce que cette fois ça y est, la toumée D.T. est pour mi-janvier, je n'ai hésité qu'un quart de seconde pour lui dire " OK on y va ". Pour être précis, nous ne sommes pas parti à deux (ça aurait fait jasé) nous avons embarqué 2 autres fous avec nous . Olivier et Cédric qui avaient un certain avantage sur nous, c'est que eux y étaient déjà allé 1 an plus tôt. De plus Olivier, connaissant bien les infrastructures japonaises s'est occupé (très gentiment, encore merci Olivier) de réserver les billets d'avion et d'hôtel. Pour la première fois de ma vie, je me suis donc embarqué dans un voyage au bout du monde sans m'occuper de rien, sans savoir exactement où j'allais (et c'est très agréable).

Rendez-vous était pris à Lyon-Part-Dieu le Jeudi 8 Janvier à 8h pour " monter " avec Stéphane à Roissy oÙ l'enregistrement de nos bagages devait se faire impérativement avant 11h. A l'aéroport, nous avons retrouvé Cédric qui était arrivé de Nîmes la veille. Peu après midi, l'avion décolle direction Amsterdam, seule escale prévue au programme. Changement de terminal à Amsterdam et nous voici dans l'avion direction Tokyo (en survolant la Sibérie) où nous atterrissons quelques 12 heures plus tard mais compte tenu du décalage horaire il est déjà 10 heures du matin! Sans aucun problème nous retrouvons cette fois Olivier qui était parti par une autre compagnie aérienne. Première surprise : la neige nous attend sous un ciel bleu magnifiquement ensoleillé. Il nous faut 2 bonnes heures de Narita (nom de l'aéroport de Tokyo) jusqu'à notre hôtel en plein centre de Tokyo. Le temps de poser nos valises (et d'une bonne douche) et nous voilà repartis dans Tokyo direction les magasins de disques de Shibuya (quartier de Tokyo). Quelques emplettes plus tard, (et quelques kilos de CD au bout des bras) nous voici dans le temple musical.

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La salle contient environ 1500 personnes et ressemble à un de nos grands théâtres parisiens. Premier étonnement : les places sont numérotées et (à priori) pas question d'en bouger. A 19 heures tapantes (Ah oui, je ne vous ai pas encore dit qu'au Japon les concerts commencent plus tôt que par chez nous), dès les premières notes de " Lines in the sand " le public se lève (mais reste à sa place numérotée). Nicky Lemons and The Migranes Deuxième étonnement: les japonais ne manifestent pas leur joie bruyamment, ne sifflent pas, mais applaudissent poliment (ce n'est donc pas une légende!). Le groupe assure très (trop?) professionnellement et les titres s'enchaînent, la set list ressemblant à peu de chose près à celle de Milan le 30/11/97 (" Under a glass moon " en moins et " Lie " en plus). Dans ce premier show il y a quelque chose qui me choque (mais apparemment pas les autres) : le light show est très pauvre, pas dans les temps, et tourne constamment dans les tons de rouge ou violet. Je ne regrette pas de n'avoir pas pris mon appareil photo. En résumé ce premier concert n' est pas mémorable ni au niveau musical (le public étant très (trop) réservé et les musiciens peut-être pas au sommet de leur forme suite au décalage horaire) ni au niveau lumière. Visite backstage : Les Dream ont l'air surpris de découvrir Stéphane si loin de chez lui. Étonnement de ma part (encore!) : les Dream backstage ne se la jouent pas superstars et dialoguent volontiers avec les gens venus les saluer, se laissent prendre en photo avec qui leur demande, en bref j'ai l'impression de discuter (alors que je parle très mal l'anglais!) avec de vieux amis alors que c'est la première fois de ma vie que je leur adresse la parole. Très simples et très sympas! Mais très vite Bill (le tour manager) leur dit qu'il faut partir et nous les saluons en leur disant à demain.

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Le samedi 10 Janvier ils jouent à Yokohama (Banlieue proche de Tokyo) dans une petite salle (800 personnes environ) et là je (re)découvre le Grand Dream Theater qui se fait plaisir en jouant sa musique. La scène est beaucoup plus petite que la veille, les musiciens se touchent presque et visiblement communiquent beaucoup mieux, rigolent entre eux, se font des blagues : la musique s' en ressent tout de suite. Je ne sais pas si c'est que je m'habitue mieux au décalage horaire (la veille j'étais un peu endormi) mais j'ai rarement pris autant de plaisir à un concert! Le light-show est parfait sans commune mesure avec la veille. Le public (lui aussi sans doute mieux réveillé car il n'est que 17 heures!) Mike fait ses emplettes... communie avec le groupe et lui rend ce plaisir partagé. Pourtant, il n'y a encore que peu de changement dans la set list. Au fait, il serait peut-être temps de vous la donner cette set list car je suppose que peu d'entre vous assistait au show de Milan. Donc pour cette tournée " Falling into infinity tour " Dream Theater commence par " Lines in the sand " avec une longue introduction/improvisation de la part de Derek seul aux claviers. Puis suivent " Burning my soul ", " Voices ", Under a glass moon ", " Hollow years ", " A crack in the mirror ", " Just let me breathe ", " Peruvian skies ", Pull me under ", " Take away my pain ", " Scarred / Ytse Jam ", " New millenium " avec en rappel " Metropolis - part 1 ". Durant les 3 premiers morceaux j'ai le droit (grâce à un photo-pass) de faire des photos à quelques centimètres des dream-men et de là le spectacle est vraiment super! Au rappel, nous découvrons en plein milieu de " Metropolis " un Derek chanteur (boa jaune autour du cou!?) remplaçant James pour un " I don't like you " d'anthologie. Un court moment de folie pure! Dommage que je n'avais pas le droit de photographier à ce moment-là! Le public ne s'y trompe pas et leur fait un triomphe. Après quelques minutes d'attente, pour la seconde fois, nous rejoignons D.T. backstage. Derek et Mike sont manifestement heureux de leur petite plaisanterie musicale. Nous prenons rendez-vous avec Mike pour le lendemain après-midi (car pour eux c'est un " day- off ", c'est à dire sans concert) pour lui faire découvrir quelques échoppes de pirates que nous avons découvert au gré de nos promenades dans Shinjuku (autre quartier de Tokyo, surnommé le quartier des plaisirs (auxquels nous n'avons pas goûté, je vous rassure de suite, préférant nous consacrer exclusivement au plaisir musical)) et avec James le soir pour lui offrir un repas japonais.

Dimanche 11 Janvier. Après un après-midi à musarder dans les nombreux magasins de disques (pour un occidental, le choix qu'il y a à l'intérieur de ces appartements (Ah oui, j'ai aussi oublié de vous dire que la plupart des " magasins " se trouvent en étage, les pas-de-porte devant être soit très rares soit très chers) est proprement incroyable : on trouve tous ces disques hors de prix en France pour un prix oscillant entre 14 Frs (!) et 120 Frs) tantôt avec Mike, tantôt sans lui, évitant de trop lui " coller " de près, nous retrouvons James à notre hôtel où il est venu nous chercher. Je sais bien que Stéphane vous a déjà parlé dans ce même fanzine de toute la sympathie, toute la gentillesse et de tout l'humour dont fait preuve James mais je ne peux m'empêcher de certifier que tout ceci est bien vrai. Je n'ai rien d'une midinette, mais ça m'a fait tout drôle quand James me demanda quel était mon métier et après lui avoir répondu " informaticien " se lança dans un discours comparant les avantages et inconvénients des P.C. Apple et ceux des compatibles IBM. Il nous parla également du projet auquel il avait participé avec les frères Gardner de Magellan (incluant la participation (entre autres) de DC Cooper de Royal Hunt). l l nous parla bien sûr de la naissance prochaine de son second enfant (début Février) et de tant de choses encore que je suis incapable de vous dire ce qu'on a mangé ce soir-là sauf que je me souviens que tout le monde a trouvé le repas excellent (malgré le fait que ce restaurant ne serve pas de " diet coke " au grand dam de James).

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Lundi 12 janvier, après notre quête quotidienne de CD rares ou peu chers contenant les fameux bonus tracks pour lesquels la plupart d'entre vous vendrait père et mère, nous rejoignons la salle " Kosei Nenkin Kaikan " de Tokyo à 2 km de la station principale de métro de Shinjuku. D'une capacité à peu près égale à celle du premier soir, cette salle ne sera pas sold out (ce qui fera un petit millier seulement de fans). Ce soir je peux photographier quand je veux et d'où je veux (et je ne m'en priverai pas) bien que ces photos prises ce soir- là ne seront pas excellentes. Après leur joumée de repos les dream men sont en pleine possession de leur moyen (et le light show magnifique). Après l'enchaînement quasi classique "Lines in the sand" / "Buming my soul" / "Voices" première surprise : une version électrique de " The silent man " rarement jouée en public (et en plus à la perfection!) Je n'ai peut-être pas encore assez insisté sur la qualité du son en concert et ce soir-là tous les instruments s'entendaient clairement à quelque endroit de la salle (je me suis longtemps promené pour les photos). John Myung ne bouge sans doute pas beaucoup sur scène (il y a cette fois 3 avancées de scène mais seuls James et John P. s'avanceront fréquemment sur ces estrades) mais soutient toute la puissance harmonique et rythmique de la musique complexe de D.T. de ses 6 cordes de basse, éclairé le plus souvent par un simple projecteur bleu. Mike harangue toujours le public du haut de son kit batterie relooké " Falling into infinity "; il s'amuse toujours autant à multiplier, Mike en train de faire tunk tunk démultiplier- ou diviser les temps des rythmes pourtant déjà si complexes sur disques et nous gratifia d'une petite surprise . en effet au cours de son solo (toujours différent sur les 4 concerts auxquels j' ai assisté) il descend de son estrade emportant avec lui un tom bass et va à l'encontre d'un premier spectateur l'invitant à jouer avec lui. Il fait un roulement et le spectateur doit refaire le même et ainsi de suite jusqu'au " tunk/ tunk tunk tunk tunk " auquel le spectateur répond " tunk tunk ". Puis il passe à un second spectateur, puis à un troisième. Mais au troisième spectateur, au moment où il doit répondre le célèbre " tunk tunk " Mike reprend son tom laissant le spectateur frustré et le public hilare retournant très vite derrière son monstrueux kit finir " Ytse Jam ". Derek est vraiment intégré à D.T. (pour ceux qui en douteraient encore depuis le temps!) et double très souvent les soli de John Petrucci soit en parfaite harmonie, soit en tierce. Quand le son est aussi parfait, c' est assez stupéfiant de voir ce déluge de notes parfaitement synchronisé. John P. est aussi extraordinaire. Quand je le vois, je me dit que j'ai bien fait d'arrêter de jouer de la guitare! Son travail rythmique, autant que ses soli, et peut-être ce qui m'impressionne encore plus, les sonorités qu'il tire de sa guitare sont absolument stupéfiantes. Enfin, James en pleine possession de ses énormes capacités vocales assume parfaitement ses qualités de frontman, dialoguant avec le public, le faisant participer... un régal! J'espère qu'il sera autant en forme lors de la toumée française de Février prochain. Bref après " New millenium ", on s'attendait tous à la fin du concert. Aussi, nous fûmes très surpris de voir le groupe attaquer " TriaI of tears " avec le fabuleux solo de John P. que tout le monde qualifie d' " Holdsworth-ien ". Enfin, le rappel convenu achève le show et voit la participation de Derek au chant pour un " Meanstreet " de VAN HALEN, intercalé au milieu de " Metropolis ", et de Mike aux claviers (où il s'amusera à singer les mimiques préférées de Derek) (la batterie étant tenue par un des roadies).

Les mardi 13 et mercredi 14 nous n'assisteront pas aux concerts d'Osaka et de Nagoya par manque de temps et de moyens de déplacement (le billet de train est assez cher au Japon) et c'est ainsi qu'on ratera la seule fois où D.T reprend sur scène IRON MAIDEN puisqu'ils joueront (en version instrumentale) " Remember tomorrow " et " The trooper ".

Le jeudi 15 c'est la panique! 20 centimètres de neige sont tombés pendant la nuit et nous nous inquiétons pour le voyage du retour. Il paraît que les lignes aériennes intérieures sont suspendues. De plus, c'est un jour de fête nationale et nous avions décidé d'aller visiter le palais impérial. Si vous voyiez les photos, on se croirait plutôt dans une station de ski!

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Déjà le vendredi 16 arrive. Nous sommes rassurés. Nous partirons bien le lendemain. C'est notre demier jour à Tokyo et aussi la fin de la toumée japonaise du " Falling into infinity " tour. Nous retrouvons D.T. au même endroit que le 12, mais contrairement à la fois précédente le show affiche complet et il n'est plus question de se déplacer comme on veut. Comme c'est leur deuxième concert DT sur la majestueuse scène du Kosei Nenkin Kaikan à Tokyo à 4 jours d'intervalle dans la même salle, la set-list est complètement modifiée: " The crimson sunrise " nous prend par surprise puis vIent " Innocence ", " Just let me breathe ", " You not me ", " Under a glass moon ". A noter que John M. visiblement plus à l'aise que le 12 vient plus souvent sur les avancées de scènes et se fait chaleureusement applaudir à chaque fois. Après une jam instrumentale, est enchaîné "Peruvian skies " puis " Pull me under " chanté par tout le public (ça fait chaud au cœur!). Puis, c' est l'heure du petit break acoustique. On installe une petite batterie (enfin toUu est relatif!) sur l'avancée centrale (Mike jouant ainsi à moins d'un mètre du premier rang des spectateurs) et c'est parti pour " Hollow years " et (grosse surprise!) pour " Speak to me " (le bonus track pour la version japonaise de l'album " Falling into infinity "). J'adorais déjà ce morceau sur CD mais la version live délivrée ce soir fut tout simplement sublime! Les roadies démontent rapidement la batterie et c'est reparti pour " Scarred ", " The darkest of winters ", " Ytse Jam " (avec le même intermède avec le public que le 12) et c'est " New millenium " (avec sa magnifique intro au stick bass) qui clôt le show Premier rappel: ce n'est pas l'attendu " Metropolis " mais " TriaI of tears " I Les ni ppons jubilent : ce doit être la première fois que D.T. ne joue pas son morceau fétiche en rappel I Puis exceptionnellement il y a un deuxième rappel : c'est " Perfect strangers" joué par une formation appelée NIGHTMARE CINEMA et qui comprend : Derek à la guitare, Mike à la basse, John M. aux claviers, John P. à la batterie et bien sûr James toujours au chant. Mike avait revêtu pour l'occasion un magnifique kimono blanc. On ne sait pas trop qui s'amuse le plus lors de cette chanson ; le public ou les musiciens. James était souvent écroulé de rire de voir ses compagnons jouer de cette manière. Enfin vînt le moment des adieux dans les loges où James posa avec sa pIus jeune fan japonaise (4 ans!) et où on fit dédicacer quelques tour programs pour nos amis restés en France, et l'affiche de la tournée qui est maintenant bien accrochée sur le mur en face de moi et qui me rappelIera toujours que ce voyage n'était pas un rêve!

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